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Piqûre de guêpe, d’abeille, de frelon et de bourdon

En cas de piqûre par une guêpe ou une abeille, trois types de réactions sont possibles : une réaction locale, une réaction toxique qui est fonction du nombre de piqûres et une réaction allergique pouvant être déclenchée par une seule piqûre. La réaction locale est la plus fréquente. Elle nécessite rarement une intervention médicale. Les réactions toxique et allergique représentent une urgence médicale pour lesquelles une hospitalisation est le plus souvent indiquée.

Les hyménoptères, ordre d’insectes comprenant les guêpes, les abeilles, les frelons et les bourdons, sont caractérisés par:

  • 2 paires d’ailes solidaires pendant le vol
  • un corps divisé en trois régions : la tête, le tronc et l’abdomen
  • un appareil venimeux situé à l’extrémité postérieure de l’abdomen qui comprend un aiguillon mobile connecté à une paire de glandes venimeuses

Le mâle hyménoptère ne possède pas d’appareil venimeux et ne pique donc pas.

 

Le venin

La composition chimique des venins est complexe. Ils contiennent des enzymes (phospholipases, hyaluronidases, …) des peptides ( kinines, …), des amines (histamine, …) des acides aminés et d’autres  substances qui jouent un rôle d’allergènes puissants. 

Ces venins ont une action directe : la toxicité cellulaire (qui entraîne la destruction des cellules) et une action indirecte : les manifestations immunologiques.

La quantité de venin injecté par une abeille est de l’ordre de 50 à 100 microgramme et pour la guêpe de l’ordre de 2 à 10 microgramme.

 

La famille des Apidés

Les Apidés ont un corps velu.

L’abeille (Apis),  possède un dard  barbelé relié aux muscles de l’abdomen. L’abeille ne pique que si elle est dérangée dans son travail. Cet insecte travailleur ne pique qu’une seule fois car une partie de son abdomen est arraché avec le dard entraînant la mort de l’abeille.

Le bourdon (Bombus), plus volumineux et plus velu, reconnaissable à son bruit,  pique mais ne laisse pas son dard.

 

La famille des vespidés

Les Vespidés ont un  abdomen jaune rayé ou taché de noir, fusiforme à l’arrière et séparé du thorax par un rétrécissement marqué.

La guêpe sociale (Vespula) mesure 15 mm vit dans des nids de quelques centaines à quelques milliers d’individus. Elle se nourrit de larves de mouche et d’autres insectes et joue de ce fait un rôle important dans l’écosystème. Les guêpes sont attirées par les fruits, le sucre et la viande. Les guêpes femelles peuvent piquer plusieurs fois.

Le frelon (Vespa) mesure 35 mm, voisin de la guêpe,  peut piquer plusieurs fois. Ses piqûres sont  très douloureuses et peuvent être dangereuses.

 

La piqûre

L’inoculation de venin est intradermique c’est à dire dans le tissu conjonctif dense de la peau. Au niveau des muqueuses et de la conjonctive (œil) la diffusion du venin est plus rapide ce qui entraîne un gonflement plus important.

Trois réactions sont possibles :

REACTION  LOCALE 

La piqûre est douloureuse. On peut voir une rougeur locale, un gonflement (oedème local) de quelques cm, une légère induration. Cette réaction s’accompagne parfois de démangeaisons. Produite par les  amines vasoactives et par les  peptides, cette réaction disparaît en générale en quelques heures.

En fonction de l’endroit de la piqûre, le gonflement peut être plus important : par exemple au niveau du visage (paupières, ailes du nez, oreilles, lèvres) et du cou. Une piqûre dans la bouche ou dans la gorge peut provoquer un tel gonflement que la personne peut étouffer.

REACTION TOXIQUE

Les symptômes seront plus intenses en fonction du nombre de piqûre.

Suite à de multiples piqûres, la quantité de venin injectée est plus importante. A la réaction locale s’ajoute alors des signes généraux : œdème au niveau des piqûres, de la fatigue, des vomissements, de la diarrhée, des maux de tête, une chute de tension parfois des convulsions et une perte de connaissance.

Une personne adulte qui présente plus de 20 piqûres d’hyménoptère doit être hospitalisée pour une surveillance.

REACTION ALLERGIQUE (Choc anaphylactique)

La réaction allergique ne dépend pas de la dose de venin injectée. Une seule piqûre suffit à la déclencher. Un intervalle court de deux mois entre deux piqûres peut être un facteur de risque au développement d’une réaction allergique au venin d’hyménoptère.

Une personne présentant une douleur et un gonflement local de plus de 10 cm ainsi que des symptômes persistant plus de 12 heures, court un plus grand risque, lors d’une prochaine piqûre de développer une réaction allergique grave.

Les symptômes sont :

  1. cutanés : urticaire généralisé, rougeur, démangeaisons et gonflement important (Angioedème : urticaire s’étendant au tissus sous-cutanés et/ou sous-muqueux)
  2. respiratoires : œdème de la langue qui provoque des difficultés pour avaler, œdème de l’épiglotte et du larynx, bronchospasme qui s’accompagne d’une oppression thoracique, d’angoisse et cyanose (coloration bleuté de la peau).
  3. cardiaques : chute de la tension, vertiges, perte de connaissance
  4. digestifs : nausées, vomissements, diarrhée
  5. neurologiques : coma

L’obstruction des voies respiratoires et le choc cardiovasculaire peuvent  entraîner la mort de la victime.  

 

Que faire en cas de piqûres ?

  • Si possible, identifiez l’insecte qui vous a piqué.
  • Lors d’une piqûre, la douleur est immédiate et un œdème local se développe rapidement.
    • Les abeilles laissent l’aiguillon et la glande à venin accrochées à la peau de la victime. L’appareil continue ainsi à injecter les réserves de venin. Dans ce cas, retirez rapidement le dard avec l’ongle ou avec le bord non tranchant d’un couteau (en glissant parallèlement à la surface de la peau) ou d’une carte de crédit. N’utilisez pas de pincette, la glande à venin pourrait éclater et libérer encore plus de venin.
    • Le frelon a un dard plus long. La piqûre est plus profonde. Le venin peut être injecté directement dans les vaisseaux sanguins, accélérant ainsi la réaction.
  • Oter les bagues en cas de piqûre à la main.
  • Certains auteurs recommandent d’approcher de la zone piquée une source de chaleur (sèche-cheveux, eau la plus chaude possible) puis une source de froid (glace). Cela permettrait de diminuer la douleur et le gonflement.
  • Bien désinfecter avec de l’eau et du savon, puis appliquer une solution antiseptique. (Les hyménoptères sont des omnivores et volent des arbres fruitiers vers les poubelles.)
  • Pour une douleur intense, prenez un antidouleur  par voie orale.
  • Vérifiez si vous êtes en ordre de vaccination contre le tétanos.

Consultez un médecin

  • Lorsque la réaction locale est importante (gonflement, rougeur, chaleur, douleur) et dure plus de 24 heures. Une infection peut se développer à l’endroit de la piqûre.
  • Quand la piqûre a eu lieu dans la bouche ou dans la gorge, le gonflement peut être rapide et important avec des difficultés respiratoires. Donnez un glaçon à sucer et consultez immédiatement un médecin ou conduisez la victime à l’hôpital. Le traitement est symptomatique.
  • En cas de réaction allergique suite à une piqûre. Appelez le 15 ou le 112 pour un transport d’urgence à l’hôpital. L’allergie se manifeste par une éruption cutanée avec fortes démangeaisons, un gonflement du visage, des vertiges, de la pâleur. Retirez rapidement le dard s’il y en a un, désinfectez, couchez la victime et surélevez ses jambes.
  • En cas de piqûres multiples (plus de 20 chez l’adulte), transportez la victime à l’hôpital pour une surveillance.

 

Des conseils pratiques de prévention

  • Ne vous promenez pas pieds nus dans la nature, notamment dans l’herbe.
  • Ne portez pas sur vous des substances susceptibles d’attirer les guêpes et les abeilles (parfums, laques, crème solaire odorante. ..)
  • Evitez bien sûr le voisinage des ruches ou des nids.
  • Ne stationnez pas à proximité de poubelles mal fermées.
  • Choisissez des vêtements de couleurs claires. Evitez les couleurs trop lumineuses pouvant ressembler à celles des fleurs
  • Si un insecte tourne autour de vous, restez calme. Evitez des gestes brusques et repoussez le doucement, évitez les réactions de paniques et d’angoisse.
  • Si vous êtes allergique, évitez de manger ou de donner à manger dehors. Evitez de boire des boissons dans des cannettes à l’extérieur, car on ne voit pas ce que l’on boit.
  • Les personnes allergiques devraient avoir une trousse d’urgence composée d’adrénaline injectable (type Epipen® 0.3mg), d’un antihistaminique (par ex du Zyrtec®) et d’un corticoïde oral.  Prévenir aussi l’entourage et les amis de ce risque allergique.

Quelques mots sur les traitements de désensibilisation

Mécanisme de la réaction allergique

Les mécanismes de réaction allergique aux piqûres d’hyménoptères sont comparables à ceux du rhume des foins ou de l’allergie à la pénicilline par exemple.

Lors d’une première piqûre, chez des personnes prédisposées, des anticorps type IgE sont produits. Ces anticorps vont se fixer sur des cellules spécifiques appelées mastocytes qui sont surtout présentes dans la peau, les intestins et les voies respiratoires.

Lors d’une seconde piqûre, la combinaison de l’antigène (venin de hyménoptère) avec l’anticorps (IgE se trouvant sur les mastocytes) produit une libération histamine et de substances vaso-actives présentes dans les mastocytes à l’origine des symptômes allergiques. Cette réaction allergique se déclenche dans les 5 à 10 minutes.

Diagnostiquer la personne allergique et le type d’allergie

  • Il faut identifier l’insecte en cause. Se rappeler que seule l’abeille laisse son dard dans la peau. Une allergie au venin d’abeille n’entraîne pas d’allergie au venin de guêpe (sauf dans de rares cas, on peut avoir une allergie croisée).
  • Des tests cutanés sont réalisés. Ils sont à base de venin purifié et dilué.

Il faut toujours attendre 6 semaines après une réaction allergique lors d’une piqûre pour réaliser ces tests cutanés pour éviter des réponses faussement négatives aux tests.

Si le patient est sous antihistaminiques, attendre 10 jours après l’arrêt du traitement pour effectuer les tests cutanés.

  • Des dosages sanguins permettent de rechercher la présence d’anticorps IgE spécifiques aux différents venins.

La désensibilisation

Les traitements de désensibilisation sont réservés  aux personnes ayant fait une réaction grave. L’immunothérapie spécifique ou désensibilisation est un traitement permettant de rendre le patient tolérant à un allergène particulier, donc de réagir en neutralisant le venin.

Ce type de traitement est toujours pratiqué par un médecin en milieu hospitalier.

Le patient reçoit en injection sous-cutanée des doses croissantes du venin d’hyménoptère auquel il est allergique. Les intervalles entre les injections varient en fonction du type de désensibilisation (traitement accéléré toutes les 30 minutes pendant 4 à 5 jours ou traitement de 3 à 5 ans avec des injections d’abord hebdomadaires puis mensuelles).

Comment éliminer un nid de guêpes ou d’abeilles

Pour les nids de guêpes, faites appel à Nature 26 devis gratuit et conseils téléphonique.


Avec l’autorisation du centre antipoison de Bruxelles, ces informations proviennent du site http://www.poisoncentre.be/